Chaque Québécois jette 24 kg de vêtements par an!

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Les consommateurs ont le pouvoir d’agir et de changer les choses en évitant d’acheter trop de vêtements et en faisant des choix éco-socio-responsables. – Consumers have the power to act and change things by not buying too many clothes and making eco-socio-responsible choices.

– For the english version, see below.

Selon RECYC-Québec, chaque personne jette 24 kg de vêtements par an. Empilées, ces 190 000 tonnes de tissu formeraient une montagne de 55 m de hauteur, soit un immeuble de 18 étages! «Moins de 40 % du textile québécois est à ce jour récupéré selon RECYC-Québec. Il est urgent d’agir et de responsabiliser les consommateurs», affirme Luce Beaulieu, coordonnatrice à l’Institut de l’environnement, du développement durable et de l’économie circulaire (EDDEC).

En réaction à la mode éphémère, des expertes en innovation textile et en consommation écoresponsable, dont Mme Beaulieu, ont décidé de s’attaquer, chacune à leur façon, à ce gisement de textile local. Réunies le 19 octobre à l’occasion d’une table ronde sur l’économie circulaire dans l’industrie du textile, les participantes y ont fait valoir la nécessité de revaloriser les «déchets» issus du prêt-à-porter et la notion de responsabilité de tout un chacun. «Du côté des consommateurs, il est capital qu’ils commencent à faire des choix plus responsables tant sur le plan social qu’à l’échelle environnementale, soutient Mme Beaulieu. Du côté des organisations, l’idéal serait de transformer les modèles d’affaires de sorte que tous les acteurs de l’industrie du textile favorisent davantage une économie circulaire.»

Lavez, lavez: savez-vous savonner?

Consciente que le modèle «Rien ne se perd, rien ne se crée» n’est pas une tendance encore très répandue dans le milieu de la mode, cette ex-écodesigner énumère différents niveaux d’action à travers notamment l’approche des 3 R-V, qui invite à réduire, réutiliser, recycler et valoriser dans le but de minimiser la quantité de vêtements qui se retrouvent dans les sites d’enfouissement.

«À la base, il faudrait éviter de créer des vêtements éphémères, c’est-à-dire qui se démodent ou se dégradent rapidement», signale-t-elle. Mais les consommateurs ont aussi la responsabilité de réduire leur consommation à la source. Luce Beaulieu propose d’autres options à l’achat de vêtements neufs. L’échange entre amies, l’achat d’habits usagés et la location de pièces griffées, une tendance de plus en plus populaire en Europe et aux États-Unis auprès des fashionistas, sont autant de bons substituts à la surconsommation, selon elle. «La première question à se poser est: “Ai-je réellement besoin d’un nouveau vêtement?” Si oui, est-il envisageable de l’emprunter ou de l’acheter usagé dans une friperie? Lorsque le vêtement est usé ou qu’on se lasse de le porter, est-il possible de lui donner une seconde vie? On peut par exemple le donner à une personne de notre entourage ou à un organisme de charité. Ou encore le transformer en matériel de couture. L’idée est de garder l’article en usage utile le plus longtemps possible et de repousser autant que faire se peut sa fin de vie ultime.»

Si on doit acheter un vêtement neuf, la coordonnatrice de l’Institut EDDEC recommande d’opter pour un produit éco-socio-responsable de qualité. C’est-à-dire un vêtement fait de matières naturelles et biologiques fabriqué dans un pays reconnu pour ses normes environnementales et sociales. L’achat local est aussi à privilégier. Autre truc? Choisir des vêtements classiques que vous n’aurez pas à remplacer après seulement quelques mois parce qu’ils sont défraîchis ou démodés. «Un vêtement plus éco-socio-responsable, c’est un vêtement qui dure longtemps!» lance Luce Beaulieu, qui accorde sa préférence aux pièces fabriquées au pays par des designers québécois et canadiens.

Afin de diminuer les empreintes sociale et environnementale de notre consommation, il est également important de bien entretenir nos robes, pantalons et chandails, rappelle Mme Beaulieu. «Beaucoup de gens lavent leurs vêtements à l’eau trop chaude après ne les avoir portés qu’une seule fois et ils emploient souvent une trop grande quantité de détergent, déplore-t-elle. L’utilisation d’un détergent biodégradable en petite quantité et le lavage à l’eau froide peuvent permettre de réduire notre impact environnemental à la phase usage du cycle de vie.»

Each Quebecers throw 24 kg of clothing per year!

According to Recyc-Québec, each person throws 24 kg of clothing per year. Stacked, these 190,000 tons of tissue would form a mountain of 55 meters in height, this corresponds to an 18 floor building! “Less than 40% of the Quebec textile is recovered by Recyc-Québec. It is urgent to act and to empower consumers,” says Luce Beaulieu, coordinator at the Institut de l’environnement, du développement durable et de l’économie circulaire (EDDEC).

In response to “fast fashion”, expert in textile innovation and environmentally responsible consumption, which includes Ms. Beaulieu, decided to tackle each in their own way local textile deposits. Met on October 19 during a round table on the circular economy in the textile industry, participants argued that there is the need to upgrade the “waste” generated from the ready-to-wear and encourage the concept of responsibility for everyone. “On the consumer side, it is vital they start making more responsible social and environmental choices, says Ms. Beaulieu. As for organizations, the ideal would be to transform the business models so that all players in the textile industry further promote circular economy.”

Do you really know how to wash your clothes?

Aware that the model “Nothing is lost, nothing is created” is not yet a widespread trend in the fashion world, this ex-ecodesigner lists different levels of action in particular through the 3 R-V approach, which invites to reduce, reuse, recycle and give valorisation in order to minimize the amount of clothes that end up in landfills.

“Basically, we should avoid creating ephemeral clothes, that is to say, which become obsolete or deteriorate rapidly,” she noted during the interview. But consumers also have a responsibility to reduce their consumption at the source. Luce Beaulieu offers other options for the purchase of new clothing. The exchange between friends, buying used clothes and renting branded items, a trend increasingly popular in Europe and the United States among fashionistas, are all good substitutes to overconsumption she said. “The first question to ask is:” Do I really need a new dress? “If so, is it possible to borrow or buy it used at a thrift store? When the garment is worn or we get tired of wearing it, is it possible to give it a second life? One can for example give it to someone around us or to a charity. Or turn it into sewing equipment. The idea is to keep the item in good use as long as possible and to push as much as possible its ultimate end of life. ”

If we have to buy new clothes, the coordinator of the EDDEC Institute recommends opting for an eco-socio-responsible approach for product quality. That is to say a garment made from natural and organic materials manufactured in a country known for its environmental and social standards. Buying local is also preferred. Another trick? Choose classic clothes that you do not have to replace after only a few months because they are stale or outdated. “A garment more eco-socio-responsible is a garment that lasts a long time!” Launches Luce Beaulieu, which gives preference to the parts manufactured in the country by Quebec and Canadian designers.

To reduce the environmental and social footprints of our consumption, it is also important to maintain our dresses, pants and jerseys, said Ms. Beaulieu. “Many people wash their clothes in the water too hot after only having worn only once and they often use too much detergent, she says. The use of a biodegradable detergent sparingly and washing in cold water can reduce our environmental impact.”

2 Comments

  1. Aie aie aie, quand on lit ça… c’est une catastrophe
    Mais ce que je comprends pas… pourquoi jeter ces 24Kg/pers alors que des personnes n’ont rien à se mettre… y a des associations qui récupèrent ces habits et les distribuent partout dans le monde… non?!

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  2. C’est une bonne question que tu soulèves. Très complexe en fait car il y a plusieurs facteurs sous-jacents. Il faut d’abord et avant tout ne pas surconsommer. Puis, on doit essayer de donner une deuxième vie à nos vêtements qu’on ne veut plus porter. Donner à des associations est une possibilité. Mais il est préférable de donner localement. Plusieurs études ont en effet démontré que les vêtements envoyés dans les pays en développement finissent par nuire à l’économie locale. On pense bien faire mais en bout de ligne… D’ou l’importance de mieux consommer, d’acheter lorsqu’on en a besoin, de privilégier l’achat local et socio-responsable.

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