La face cachée d’Anne-Marie Labrecque

V8934 front very open
Credit Photo: Le mani d’oro

Portrait d’une femme qui conçoit elle-même la majorité de ses vêtements.

All apologies, this post is only available in French.

La robe noire qu’Anne-Marie Labrecque porte au moment de l’entrevue est à son image: sobre, élégante et sans prétention. «Je l’ai cousue moi-même», indique la fondatrice du blogue Le mani d’oro. Ses créations et la qualité de leur fabrication sont dignes des grands couturiers. «Ah, merci! Je porte un grand soin au choix du tissu et à la finition. La majorité du temps, je prends des patrons qui existent, mais je les modifie selon mes besoins et mes préférences. Ma garde-robe est composée essentiellement de mes confections; ce qui représente environ 60% de mes vêtements.»

Biologiste de formation, Mme Labrecque a obtenu, en 1993, une maîtrise en génie de l’environnement à Polytechnique Montréal. Mais à la fin de ses études, le marché est saturé. «Environ 60% des entreprises en environnement sont disparues à ce moment-là. Il n’y avait pas de grand projet, ni de volonté politique pour les maintenir, raconte-t-elle. Les gens comme moi ce sont retrouvés à devoir faire autre chose.» Engagée par une entreprise de chasseurs de têtes qui ciblait les scientifiques dans le but de les placer dans les firmes du secteur biopharmaceutique, Anne-Marie Labrecque devient recruteur scientifique. «La première à Montréal», souligne celle qui travaillera ensuite en Europe pendant quelques années. Puis, en 2001, c’est le retour au Québec. Elle est alors embauchée par l’Université de Montréal. «Je m’occupais de trouver des stages aux étudiants. J’avais constitué un très bon réseau alors que j’étais employée de la compagnie de chasseurs de têtes.»

En 2006, à 39 ans, elle décide d’entreprendre parallèlement à son emploi un autre DESS. Cette fois, elle opte pour la gestion et le développement des organisations. «Je voulais une formation qui mettait l’humain au cœur des décisions. Comment pouvons-nous prendre en compte le facteur humain dans la façon de faire le travail et atteindre les objectifs visés de façon efficace et efficiente? C’est toujours ainsi que j’ai perçu mon travail», explique celle qui a été adjointe au doyen de la Faculté de Médecine de l’Université de Montréal pendant deux ans, avant d’entrer à la Faculté de l’aménagement.

Rencontrée un jour de juin à son bureau du pavillon du 2940 Chemin de la Côte-Sainte-Catherine, où elle est en poste depuis 2009, Anne-Marie Labrecque s’est prêtée de bonne grâce à une entrevue pour parler de sa passion, la couture. Elle s’y adonne depuis 26 ans. Il faut dire que l’adjointe au doyen a un horaire chargé et qu’elle n’aime pas trop mélanger travail et passe-temps. Depuis qu’elle a lancé en 2007 son blogue, elle connaît un franc succès sur le Web. Quelques centaines d’abonnées la suivent assidument. «J’ai commencé à coudre alors que j’étais étudiante à Polytechnique. Ma mère cousait, tricotait et tissait beaucoup, mais ce n’est pas elle qui m’a initiée à la couture. C’est la mère d’une amie qui avait une boutique de tissus et une école de couture. Cette femme avait fait ses classes à Paris et elle m’a enseigné les techniques de la haute couture et le point à la main, des approches délaissées de nos jours avec le prêt-à-porter.»

Seersucker rouge_0428_rx
Credit Photo: Le mani d’oro

Les dessous de la lingerie

À sa demeure d’Ahuntsic, une armoire immense est pleine à craquer d’étoffes, de textiles et de rubans. Certains proviennent de matériel ayant servi aux collections de designers américains achetés en ligne; d’autres, de trouvailles faites ici et là au gré de ses voyages. En plaisantant, Mme Labrecque dit de son armoire à trésors qu’elle relève d’une «petite obsession compulsive». «Comme toutes les couturières, j’achète beaucoup plus de tissus que je suis capable de coudre, confie-t-elle. J’ai peu de vêtements, mais j’ai beaucoup d’habits potentiels!»

Aujourd’hui, quand le jour se lève, Anne-Marie Labrecque enfile ses belles tenues de cadre professionnel qui lui donnent fière allure, mais le soir et les week-ends, elle perfectionne son art. «Combien d’heures par semaine je consacre à la couture? Difficile à dire. Le soir, je ne couds pas. Je lis sur des techniques spécifiques liées à la couture et je prends parfois des cours en ligne. Mais je peux passer un samedi ou un dimanche complet à confectionner une pièce.» Récemment sur son blogue, elle révélait: «J’ai dévoré le livre de Norma Loehr, fondatrice de l’entreprise américaine Orange Lingerie. Je commence à connaître le site The Cloth Habit par cœur et le catalogue The Bra Makers Supply ne comporte aucun secret.»

Soulignons ici que le mot «passe-temps» tel que le pratique Mme Labrecque ne signifie pas qu’elle fabrique des pièces ne comportant aucun défi. Au contraire. Elle peut aussi bien coudre des tailleurs et des chemises avec un pied de col que de la lingerie fine avec dentelle, en passant par des robes avec drapés complexes à réaliser. Des photos de son blogue en témoignent: un magnifique trench en nylon sur lequel elle a appliqué un design à l’aide de peinture pour les murs! – «Tous ceux qui ont déjà fait des travaux de peinture à la maison savent que les taches sur les vêtements ne partent pas au lavage…» -, un bomber (veste ample) agrémenté de paillettes, sa propre robe de mariée…

«Les sous-vêtements sont les plus difficiles à faire. C’est petit et rond! Pas facile à manipuler alors que la confection doit être méticuleuse et irréprochable afin d’assurer un confort optimal. Il faut aussi absolument porter une attention aux matériaux et coutures. Les compétences techniques sont assez poussées», admet Mme Labrecque. Un art qu’elle maîtrise à la perfection. Visitez son blogue, vous serez bouche bée. La Perla peut aller se r’habiller!

Un vêtement pour le vélo bien pratique fait par Anne-Marie Labrecque.

Jalie 3463 fitted top back
Credit Photo: Le mani d’oro

Petite et menue, teint d’albâtre et chevelure cendrée, Anne-Marie Labrecque étonne par son dynamisme et son énergie. Cette adepte de plein air, qui s’entraîne hebdomadairement dans un centre sportif, s’adonne aussi au vélo et à la course. En hiver, elle est fondeuse. «Je joue dehors au moins deux fois par semaine», dit-elle en riant.

Avec des vêtements de sport de fabrication maison, bien sûr!

 

Follow my blog with Bloglovin

8 Comments

  1. Waow c’est vraiment une femme impressionnante et inspirante !
    Je suis très heureuse d’avoir découvert son blog grâce à toi.
    Même si je suis mauvaise en couture personnellement ça donne plein d’idée et c’est un beau modèle !

    Liked by 1 person

  2. Très sympathique comme femme et talentueuse. Je ne suis pas très douée pour la couture moi non plus, mais je fais beaucoup de projets DIY (Do It Yourself) simples (lire pour les nulles). Bien contente de t’avoir fait découvrir le blog d’Anne-Marie. Et merci pour ton message. Au plaisir!

    Like

    1. I’m so sorry that this text wasn’t translated in English. Sometimes, it takes longer to translate then to write the article itself, especially when it is a portrait of a person! I tried though not to make it a common thing. Most of my posts are written in both French and English. And you are right, her trench which she made herself is fabulous. Anne-Marie makes 60% of all her clothing, including her bras and panties. Apparently, that’s the hardest. Thanks for your comment. I truly appreciate it.

      Like

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: